Le modèle : au CPM, pas au forfait

Une agence facture en général un forfait fixe par vidéo, payé que la vidéo performe ou non. Le modèle CPM (coût pour 1 000 vues) inverse la logique : la marque dépose un budget, et chaque créateur est payé au prorata des vues vérifiées que sa vidéo génère, dans une fenêtre de suivi de 10 jours. Une vidéo qui ne décolle pas ne coûte presque rien ; une vidéo qui explose est payée à hauteur de son audience réelle.

Les taux réels observés en 2026

Relevé le jour même sur les campagnes ouvertes financées par des marques externes (hors campagnes internes) :

Marque Budget Taux CPM (pour 1 000 vues)
Joseph, L'Opéra des Rêves 1 000 € 1,00 €
Coseka 250 € 1,00 €
Teradion 150 € 1,20 €
Assetry 50 € 1,10 €

La fourchette actuelle tient donc entre 1,00 € et 1,20 € pour 1 000 vues vérifiées, quel que soit le budget total de la campagne.

Ce que ça donne pour une seule vidéo

Vues vérifiées Coût à 1,00 € de CPM Coût à 1,20 € de CPM
10 000 10 € 12 €
50 000 50 € 60 €
100 000 100 € 120 €
500 000 500 € 600 €

Ce montant est indépendant du nombre de vidéos soumises pour l'obtenir : une marque qui reçoit 20 vidéos et n'en voit qu'une seule décoller ne paie que les vues de celle-là.

Les frais en plus du budget créateurs

Le budget affiché (celui qui paie les créateurs) n'est pas le total débité à la marque. S'ajoute une commission plateforme de 12 %, elle-même soumise à la TVA à 20 % (calculée sur la seule commission, pas sur le budget créateurs qui est un débours pour compte de tiers). Sur une campagne à 250 € de budget créateurs, la marque règle donc environ 250 € + 30 € de commission + 6 € de TVA sur cette commission, soit environ 286 € au total.

Pourquoi ce modèle plutôt qu'un forfait

Un forfait paie la promesse d'une vidéo. Le CPM paie sa performance réelle, vérifiée automatiquement plutôt que déclarée par le créateur. C'est ce qui permet des budgets d'entrée bas (50 € suffisent pour ouvrir une campagne) : la marque ne prend pas le risque de payer plein tarif une vidéo qui ne sera vue par personne.

Forfait ou paiement à la vue : lequel choisir ?

Réponse courte : le forfait pour une vidéo précise dont vous avez besoin, le paiement à la vue pour de la portée.

Ce ne sont pas des concurrents, ils achètent deux choses différentes. Le forfait achète un livrable : une vidéo au cahier des charges, que vous pourrez réutiliser. Le paiement à la vue achète de la diffusion : des créateurs publient sur leurs comptes et vous payez ce qui circule.

Forfait UGC Paiement à la vue
Ce que vous obtenez Un fichier vidéo De la portée mesurée
Prix 80 € à 300 € la vidéo 1 € à 3 € / 1 000 vues
Risque si ça ne circule pas Vous avez payé Vous n'avez rien payé
Droits sur la vidéo Négociés, souvent inclus Le créateur reste propriétaire
Usage en publicité payante À facturer en plus Hors sujet, c'est de l'organique

Combien coûte l'usage publicitaire d'une vidéo UGC ?

Réponse courte : toujours en supplément, couramment 50 % à 200 % du prix de la vidéo selon la durée et le territoire.

C'est le poste que les marques oublient de budgéter et que les créateurs oublient de facturer. Une vidéo achetée 200 € pour un usage organique et diffusée ensuite en publicité pendant un an sur plusieurs pays est un usage à plusieurs centaines d'euros. Écrivez-le dans le devis, même pour dire que c'est exclu.

Ce qu'il faut mettre dans le brief

Trois éléments à montrer, deux à éviter, et deux mentions obligatoires : la collaboration commerciale, imposée par la loi française de 2023, et votre position sur les vidéos générées par intelligence artificielle.

N'imposez pas de script. Une vidéo qui ressemble à une publicité ne circule pas, et sur un modèle payé à la vue, une vidéo qui ne circule pas ne consomme pas votre budget mais ne vous apporte rien non plus.

Combien de vidéos pour une campagne ?

Réponse courte : sur un modèle payé à la vue, vous n'avez pas à le décider.

C'est la différence structurelle. Sur un forfait, vous commandez trois vidéos et vous payez trois vidéos. Sur une campagne ouverte, dix créateurs peuvent publier, et vous ne payez que les vues obtenues : sept vidéos qui ne décollent pas ne vous coûtent rien.