Les trois canaux accessibles, par ordre de rendement
Un éditeur de logiciel qui démarre n'a pas le problème du budget, il a celui du temps. Voici ce qui produit réellement des inscriptions, dans l'ordre où nous l'avons constaté sur notre propre produit.
1. Le contenu qui répond à une question d'achat
Pas des articles sur votre secteur, des articles qui répondent à la question exacte que tape un acheteur. « Combien coûte X », « comment faire Y sans Z », « A ou B ». Ces requêtes ont peu de volume et une intention forte.
Un chiffre de notre propre mesure, sur deux mois de Search Console : 435 clics pour 969 impressions, mais 319 de ces clics portaient sur notre nom de marque. Autrement dit, le trafic qui ressemblait à du référencement réussi était en réalité de la recherche de marque. Les requêtes concurrentielles faisaient des impressions et zéro clic, parce que nos titres commençaient par notre nom au lieu du terme cherché.
La leçon opérationnelle : mettez le terme cherché en premier dans le titre, pas votre marque, que personne ne connaît encore.
2. Les moteurs génératifs
C'est le canal le plus sous-estimé en 2026. Sur nos 303 premières inscriptions, 17 % venaient de moteurs génératifs, dont 49 de ChatGPT seul, avec un taux de conversion de 19 % contre 21 % pour Google. Autrement dit, ce trafic convertit aussi bien que le référencement classique, sur un canal où presque personne n'optimise encore.
Ce qui rend une page citable par un modèle :
- une réponse directe en haut de page, en deux ou trois phrases ;
- des chiffres datés et sourcés, parce qu'un modèle cite ce qui est vérifiable ;
- des tableaux, que les modèles reprennent tels quels ;
- une entité identifiable : société, numéro d'entreprise, auteur nommé, comptes réels en
sameAs.
Publiez de la donnée que personne d'autre n'a. Une mesure sur votre propre activité, même modeste, est plus citable qu'une synthèse de ce qui existe déjà.
3. La vidéo courte payée à la vue
C'est le seul canal de cette liste qui produit de la preuve sociale : de vraies personnes qui parlent de votre produit, sur des comptes qui ne sont pas les vôtres.
Le modèle : vous déposez un budget, vous fixez un tarif pour 1 000 vues vérifiées, des créateurs publient, et vous ne payez que les vues réellement obtenues. Le budget non consommé est remboursé.
Ordres de grandeur réels, mesurés sur notre plateforme au 18 septembre 2026 :
| Ce que vous déposez | Ce que ça a produit |
|---|---|
| 250 € | 21 vidéos par 9 créateurs en 17 jours, 7 185 vues, environ 19 € facturés |
| Tarif pratiqué | de 1,00 € à 3,50 € pour 1 000 vues vérifiées |
| Vues par vidéo | 288 en médiane, 27 % sous 100 vues, 3 % au-dessus de 1 000 |
Moins d'un euro la vidéo, là où une vidéo UGC commandée directement à un créateur coûte couramment 80 à 150 €. En échange, vous n'avez aucune garantie de volume et aucun contrôle éditorial autre que votre brief.
Ce qui ne marche pas pour un SaaS, et pourquoi
Viser un public professionnel de niche. Nous avons reçu un brief pour présenter un logiciel à des experts-comptables. Nos créateurs font de la vidéo grand public : ils savent accrocher, ils ne savent pas parler à un cabinet. La bonne manoeuvre est de viser le client de votre client, ou le problème plutôt que l'outil.
Demander une démonstration à l'écran sans donner accès au produit. C'est l'erreur la plus fréquente dans les briefs que nous recevons. Le créateur finit par filmer votre page d'accueil. Donnez un compte de test dans les ressources de la campagne.
Fixer un tarif trop bas pour économiser. Un tarif faible ne fait pas dépenser moins, il fait ne rien produire. Nos campagnes les mieux payées sont les seules qui consomment leur budget.
L'ordre dans lequel je le ferais
- Semaine 1 à 4 : cinq pages qui répondent à cinq questions d'achat, avec vos propres chiffres. Gratuit, effet à 2 ou 3 mois.
- En parallèle : rendez ces pages citables (réponse directe, tableaux, auteur nommé, données structurées). Gratuit, effet en quelques semaines sur les moteurs génératifs.
- Dès que vous avez un produit montrable : 100 à 250 € en vidéo courte à la performance, pour obtenir dix à vingt vidéos et savoir quel argument accroche. C'est aussi une étude de marché pas chère.
- Seulement ensuite, la publicité payante, quand vous savez quel message convertit.
