Le modèle, en dix lignes
Produit : ce que c'est, en une phrase.
Le problème à montrer : la situation vécue par le spectateur.
Ce qu'on veut voir : l'action concrète, à l'écran.
À éviter absolument : 2 ou 3 interdits, pas plus.
Ressources fournies : accès de test, visuels, vidéo source.
Mention obligatoire : « collaboration commerciale » ou « publicité ».
Langue : français.
C'est tout. Chaque ligne supplémentaire réduit le nombre de créateurs qui se lancent.
Les cinq erreurs que nous voyons le plus souvent
1. Demander une démonstration sans donner accès au produit
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus coûteuse. Un brief demande de montrer le produit en action, et le créateur n'a aucun moyen d'y entrer. Résultat : il filme la page d'accueil, et la vidéo ne démontre rien.
Le correctif est gratuit : un compte de test, ou deux captures d'écran de l'action à l'écran, déposés dans les ressources de la campagne.
2. Écrire l'objectif au lieu du contenu
« Faire connaître notre solution » n'est pas un brief, c'est un souhait. Un créateur ne sait pas quoi filmer. « Montre quelqu'un qui perd une heure sur cette tâche, puis la même tâche faite en trente secondes » est un brief.
3. Viser un public que les créateurs n'ont pas
Nous avons reçu un brief pour présenter un logiciel à des experts-comptables, et un autre pour une application de coiffure à domicile sur le marché israélien. Dans les deux cas, aucun de nos créateurs ne pouvait produire une vidéo pertinente : les premiers font de la vidéo grand public en français, et la diffusion dépend d'abord du pays depuis lequel on publie.
Vérifiez cette correspondance avant de déposer un budget. Une bonne manoeuvre consiste à viser le client de votre client plutôt que le professionnel lui-même.
4. Laisser l'IA autorisée par défaut alors qu'on la refuse
Constaté le 6 septembre 2026 : douze vidéos générées par gabarit, avec une voix off qui récitait les consignes du brief, en anglais, sur des campagnes françaises. Elles ont été écartées, mais les six campagnes concernées autorisaient l'IA, parce que la case n'avait pas été décochée. Refuser après coup repose alors sur un jugement de qualité, ce qui est discutable.
Si vous ne voulez pas de contenu généré, décochez la case au lancement. Le refus devient incontestable.
5. Oublier la mention légale
La loi du 9 juin 2023 impose d'indiquer clairement le caractère commercial d'une publication. Écrivez-le dans le brief, en donnant la formule exacte à utiliser : « collaboration commerciale » ou « publicité ». C'est votre responsabilité d'annonceur autant que celle du créateur.
À savoir : le label natif « publication sponsorisée » de TikTok et un texte incrusté à l'image ne sont pas lisibles par un contrôle automatique, qui ne lit que la légende. Demandez la mention dans la légende, en plus du reste.
Ce qui fait vraiment varier le nombre de vidéos
Nous mesurons ce que produisent les campagnes, et trois facteurs dominent.
| Facteur | Effet observé |
|---|---|
| Tarif au mille | le plus déterminant : la campagne à 3,50 € les mille consomme 5 à 15 fois plus vite que celles à 1,00 € |
| Ressources fournies | une campagne sans matière ne produit presque rien |
| Sujet grand public | un produit compréhensible en trois secondes trouve des créateurs immédiatement |
La longueur du brief, elle, n'a aucun effet positif mesurable.
Un exemple de brief qui a fonctionné
Reçu en septembre 2026, pour un outil de création de site web :
Montrer qu'on décrit son projet en quelques lignes et qu'on reçoit son site web professionnel en ligne quelques minutes plus tard, sans rien faire soi-même, à partir de 99 € au lieu de plusieurs milliers d'euros en agence. La vidéo doit faire la démonstration à l'écran, du brief au site livré, et amener le spectateur à créer son site.
Pourquoi il est bon : il y a une action filmable, un avant-après, un chiffre qui surprend, et une intention claire pour le spectateur. Il lui manque une seule chose, l'accès de test, sans lequel la démonstration est impossible.
